Alégracia et le serpent d'argent, Dominic Bellavance

07 septembre 2009 | par Mathieu Fortin
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Un très bon premier roman, qui devrait plaire au lectorat d’Amos Daragon et Les Chevaliers d’Émeraude.

Alégracia et le serpent d’argent est le premier livre de Dominic Bellavance. Il s’agit du premier tome d’une trilogie de fantasy publiée aux éditions Les Six Brumes.

Débutons par l’objet : c’est un très beau livre avec une illustration de couverture qui fait un peu littérature pour adolescents.

Bellavance nous raconte l’histoire d’Alégracia, une petite fille qui vit tranquille, avec sa sœur et sa mère, sur le bord de l’océan. Aly passe de longues journées à jouer dans les fleurs et à arpenter la plage, tandis que sa sœur est plutôt attirée par des machinations lui permettant de faire enrager sa mère.

Elles vivent isolées et ne reçoivent que des visites de Kakimi, un marchand ambulant qui leur donne des cadeaux magiques. Puis vient un jour où un pétale met les deux jeunes filles à la recherche d’une fleur luminescente; elles partent à l’aventure et c’est le début de leurs péripéties qui les mèneront à rencontrer une troupe d’amuseurs publics et la famille royale au grand complet, qui nous fera découvrir leur vraie nature.

Car ce livre est une quête, sur un mode un peu différent, mais reste une quête des origines des deux fillettes aux aptitudes particulières. Alégracia et Sintara ne connaissent pas leur père et personne ne veut leur en parler. Les révélations qui seront faites à ce sujet tout au long du volume laisseront le lecteur perplexe.

Le déroulement se fait à un bon rythme et si on pouvait reprocher une chose à l’auteur, c’est la naïveté de son héroïne. Cependant, il faut garder à l’esprit qu’elle n’a que douze ans et qu’elle a vécu isolée toute sa vie, donc, elle ne connaît pas tous les méandres tortueux de l’âme humaine. Les autres personnages nous laissent des surprises sur leur nature profonde qui en font des êtres très complexes. L’histoire en elle-même est intéressante et Bellavance met en scène un monde bien développé où les personnages évoluent avec aisance. Les informations sont quelques fois télégraphiées par les personnages qui expliquent tout à la jeune fille; comme c’est Alégracia qui narre l’histoire, elle ne peut nous présenter un monde qu’elle ne connaît pas. C’est un des aspects du livre qui m’a le plus dérangé : je crois qu’une narration extérieure aurait donné un roman plus profond, moins naïf.

Mais c’est un très bon premier roman, qui devrait plaire au lectorat d’Amos Daragon et Les Chevaliers d’Émeraude : j’ai plus aimé Alégracia que les épisodes d’Amos ou des Chevaliers. Il a remporté le prix Aurora 2006 pour le meilleur roman canadien en français dans les genres de l'imaginaire.

Publié le 07 septembre 2009 dans: Jeunesse, Science fiction/horreur

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Mathieu Fortin

Auteur de romans pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Intervenant auprès des enfants et des adolescents, grand amateur de littérature éclatée, du fantastique sous toutes ses formes. Écrit des romans qui carburent à l'action et aux émotions fortes.

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